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Développement logiciel : près d'un tiers des certifications H-1B aux États-Unis

Selon les statistiques du département américain du Travail reprises par RS Web Solutions, les développeurs logiciels représentent 241 846 des 830 710 postes couverts par des demandes de certification…

Développement logiciel : près d'un tiers des certifications H-1B aux États-Unis

Selon les statistiques du département américain du Travail reprises par RS Web Solutions, les développeurs logiciels représentent 241 846 des 830 710 postes couverts par des demandes de certification LCA au troisième trimestre de l’exercice fiscal 2026, soit 29,1 % du total. Le chiffre illustre la place du développement dans les programmes de professions spécialisées H-1B, H-1B1 et E-3, mais il ne dit ni combien de visas seront délivrés ni combien de travailleurs étrangers entreront effectivement aux États-Unis. Pour les équipes qui pilotent le numérique, c’est un signal de volume dans les formalités, pas un compteur de ressources disponibles.

Le logiciel domine le classement

Le bureau de certification des travailleurs étrangers du département du Travail a rendu ces données publiques le 14 août. Dans le détail, les développeurs arrivent en tête des catégories professionnelles, devant les ingénieurs en électronique, les spécialistes des données, les chefs de projet informatique, puis les analysts et testeurs d’assurance qualité logicielle. Ensemble, ces cinq professions totalisent 387 790 postes certifiés.

Le résultat est doncnet: le développement logiciel constitue la première catégorie de ce relevé, et les métiers technologiques représentent les segments les plus importants du dispositif. Il faut toutefois conserver le périmètre exact. Le ministère présente des postes couverts par des demandes de certification LCA, pas une quantification des visas finalement accordés ni une liste des travailleurs étrangers employés par chaque entreprise.

Autrement dit, le pourcentage de 29,1 % ne doit pas être présenté comme un taux d’approbation de visas H-1B. C’est déjà une première limite pour les tableaux de bord: un dossier administratif certifié n’est pas une embauche réalisée.

La LCA s’arrête avant le visa

Le point faible de ce type de statistique est processuel. Une LCA, ou demande de certification des conditions de travail, constitue une étape indispensable pour les employeurs qui souhaitent recruter dans le cadre des programmes H-1B, H-1B1 et E-3. L’employeur dépose le formulaire ETA-9035 ou ETA-9035E et atteste du respect de la réglementation concernant l’emploi des travailleurs étrangers.

Une fois la LCA certifiée, l’employeur peut l’utiliser dans les procédures d’immigration ultérieures. Cela ne signifie pas que le département du Travail a délivré un visa H-1B. Le service américain de l’immigration et de la citoyenneté statue séparément sur les pétitions H-1B.

La certification ne confirme pas davantage que le trabajador est entré aux États-Unis. Elle ne permet pas non plus d’affirmer qu’un travailleur américain qualifié n’aurait pas pu occuper le poste. Le volume des LCA ne doit donc pas être mis directement en regard du plafond annuel de la catégorie H-1B, fixé à 65 000 visas, avec 20 000 places supplémentaires pour certaines personnes titulaires d’un diplôme supérieur américain.

Le raccourci consistant à transformer 241 846 postes certifiés en 241 846 recrutements potentiels serait donc une fausse bonne idée. En matière de capacité informatique, la paperasse ne crée pas une équipe prête à produire.

Pour les DSI, traiter le chiffre comme un parcours

Le dossier est américain. Il ne constitue pas, à lui seul, un baromètre direct du marché français et ne justifie pas de modifier seul un plan de recrutement. Pour une équipe chargée d’un projet web ou d’une transformation numérique, l’intérêt est ailleurs: il montre que le développement logiciel reste la première catégorie dans un volume important de formalités liées aux professions spécialisées.

Avant de dimensionner une équipe, il faut vérifier quatre points:

  • le programme concerné: H-1B, H-1B1 ou E-3;
  • l’étape du parcours: LCA certifiée, pétition examinée, visa délivré ou entrée sur le territoire;
  • la fonction concernée: développement logiciel, électronique, données, gestion de projet ou assurance qualité;
  • la période étudiée: le troisième trimestre de l’exercice fiscal 2026, et non un décompte annuel.

Le bon indicateur opérationnel n’est donc pas le total agrégé, mais le passage d’une étape à la suivante. Dans un projet numérique, une LCA certifiée ressemble à une dépendance d’architecture: elle documente un besoin, mais ne doit pas être comptée comme une capacité déjà disponible. Entre le signal de volume et l’effectif réellement mobilisable, il reste un parcours administratif — et c’est précisément là que se logent les goulots d’étranglement.